Vieux de la veille

12 juillet 2018

La fausse surprise des Brexiters

Pourquoi les Brexiters agissent-ils si surpris? Ne font-ils pas attention aux petits caractères? Leur dernière accusation de trahison porte sur le soi-disant «backstop» irlandais - qu'en l'absence d'un plan alternatif pour maintenir sans friction le commerce sur la frontière irlandaise, la Grande-Bretagne restera dans l'union douanière. Le soi-disant «cabinet de guerre du Brexit» se réunit aujourd'hui pour signer les détails - bien que le terme «cabinet de guerre» soit habituellement appliqué aux groupes ministériels qui gèrent des conflits externes plutôt que internes. Les principaux responsables du Brexit prétendent qu'on ne leur a pas dit que la Grande-Bretagne envisageait de rester indéfiniment dans une union douanière de l'UE. Mais ils étaient. Il est écrit en noir et blanc au paragraphe 49 de l'accord signé par Theresa May aux premières heures du 8 décembre de l'année dernière: "En l'absence de solutions convenues, le Royaume-Uni maintiendra son alignement complet avec les règles du marché intérieur et de l'union douanière qui, maintenant ou à l'avenir, soutiennent ... l'économie de toute l'île [en Irlande]. " En bref, nous convenu d'un filet de sécurité. Nous resterions pleinement signataires des règles et règlements de l'UE à moins que le Cabinet, notre Parlement et tous les autres États membres ne parviennent à s'entendre sur une solution alternative au problème de la frontière irlandaise. Le gouvernement britannique a affirmé que cela faisait partie d'une transition de courte durée qui ne durerait que jusqu'en 2020, mais ce n'était pas ce que le texte négocié avec l'UE disait. L'éditorial de Evening Standard le décrivait le jour même comme «la concession britannique clé» et «une victoire pour un Brexit plus doux». Nous avons ajouté que puisque «ce n'est pas clair», il existe une alternative sur laquelle tout le monde peut s'entendre, nous devrions ignorer les échéances parce que «nous soupçonnons que tout le monde acceptera de continuer à mettre la boîte au milieu des années 2020» . Cette caractéristique centrale de l'accord de décembre était inexplicablement ignorée par les Brexite jubilants - soit ils ne la lisaient pas, ils ne la comprenaient pas ou ils ne voulaient pas admettre ce qu'ils savaient que cela signifiait. Au cours des mois qui ont suivi, les rangs du Cabinet concernant les futurs arrangements douaniers se sont accélérés - prouvant même qu'ils ne pouvaient pas se mettre d'accord sur cette alternative insaisissable, sans parler de notre Parlement ou de tous les autres membres de l'UE. Plus d'information est disponible sur le site de l'organisateur de ce séminaire à Londres. Cliquez sur le lien.

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21 juin 2018

Homophobie en milieu scolaire

En 2017, 99 cas en rapport avec le contexte milieu scolaire ont été rapportés à SOS homophobie (contre 72 en 2016). 64  % d’entre eux concernent des hommes, 29 % des femmes, et 3 % des personnes trans. Dans 76 % des situations les étudiant·e·s et élèves sont les victimes. Comme les années précédentes, les insultes et les moqueries restent la principale manifestation des LGBTphobies à l’école  : «PD», «tapette», «tarlouze» sont des qualificatifs récurrents. Les menaces, visant filles et garçons, sont bien présentes aussi. Mise à l’écart, humiliations, harcèlement à l’intérieur comme à l’extérieur des établissements et sur les réseaux sociaux complètent ce triste tableau. Plus grave, les agressions physiques dans et en dehors de l’établissement, souvent sans témoins, ne sont pas rares. Il y a enfin des faits qui, même sans agression, sont la marque d’une LGBTphobie ambiante  : affiches contre l’homophobie taguées dans une université, propos homophobes décomplexés entendus dans une autre, distribution de manuels homophobes, anti-genre et anti-IVG dans un établissement privé. Quant aux jeunes trans, c’est la reconnaissance de leur identité qui pose problème (nouveau prénom, identité de genre). Il y a le cas de cette jeune fille qui voudrait savoir si son changement de genre pourrait lui poser problème lors de l’examen du baccalauréat. Malheureusement, selon la législation française actuelle, seul le sexe inscrit sur la carte d’identité a valeur officielle et le changement d’état civil est encore difficile. Les jeunes trans, lors d’un examen, en sont donc réduit·e·s à compter sur la compréhension des surveillant·e·s et des examinateurs·trices (et si possible sur une attestation de leur établissement). Les auteur·e·s d’agressions à caractère homophobe, biphobe ou transphobe sont le plus souvent les autres élèves. Ils opèrent ouvertement dans l’enceinte de l’établissement, ou insidieusement, sur les réseaux sociaux principalement. Plus grave encore  : les agressions sont aussi le fait d’enseignant·e·s. Un cas venu d’une école privée a été signalé, un autre témoignage mentionne des adultes se livrant à des agressions verbales, une assistante d’éducation insulte une élève, un surveillant tient des propos injurieux et LGBTphobes à l’égard de l’appelant, une jeune lesbienne est victime de propos inquisiteurs de la part d’une surveillante d’internat, une professeure aurait dit «Arrête tes manières de PD» (mais cette dernière le conteste), un formateur dans une école spécialisée demande à un stagiaire gay d’éviter de parler «avec [sa] voix de tarlouze». Rappelons-le avec force  : les propos orduriers d’un·e adulte envers des élèves, les insultes et les réflexions LGBTphobes – punies par la loi – constituent une faute professionnelle caractérisée, d’autant plus que le corps enseignant se doit de garantir la sécurité physique et psychologique de ses élèves. Les éléments déclencheurs de tels comportements sont tout d’abord les stéréotypes. Un garçon à l’allure «efféminée», une jeune fille avec une «grosse voix» sont moqué·e·s et insulté·e·s. Pratiquer le patinage artistique pour un garçon peut aussi provoquer des moqueries. Les victimes peuvent également être outées par un·e de leurs ami·e·s. C’est le cas de figure le plus fréquent concernant la lesbophobie. Les coming out véritables sont rares mais réels, comme ce garçon courageux qui veut faire en classe un exposé sur les personnes LGBT. Dernier cas de figure : un élève a été vu embrassant son ami ou ayant des gestes de tendresse envers lui et s’est retrouvé agressé verbalement et physiquement. En 2017, cela ne passait toujours pas à l’école.

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20 avril 2018

Ma balade en montgolfière

Au petit matin, dans un champ. Un géant s'éveille tout doucement, à mesure que sa toile gonfle. Il prend forme et se relève, jusqu'à obtenir la forme d'un immense ballon de baudruche. Notre ballon. Celui à bord duquel nous allons embarquer dans quelques minutes. Ce n'est pas une expédition extraordinaire dans l'absolu. Au contraire, le vol en montgolfière semble s'être démocratisé, et les lancers de montgolfière sont ouverts à tous depuis quelques années, dans de nombreuses régions. Le coût en est devenu relativement abordable. Non, cette expédition n'a rien d'extraordinaire dans l'absolu. Mais elle l'est pour nous lorsque nous enjambons le bord de la nacelle et nous retrouvons à l'intérieur ; elle l'est lorsque notre appareil s'élève et que nous nous retrouvons plus hauts que les arbres. Paresseusement, notre ballon s'élève et se met à dériver, comme doué d'une vie propre. On ne dirige pas une montgolfière : elle vous porte où elle le souhaite, selon les caprices du vent. L'aérostier qui pilote ce géant gazeux ne peut en contrôler que l'altitude. Un banc de brume rampe sur la plaine, sinuant entre les arbres. Dans cette atmosphère mystérieuse, nul bruit ne se fait entendre. En dehors des grondements passagers du brûleur, c'est le calme plat. A cette altitude, à peine une quinzaine de mètres, on distingue encore nettement chaque détail du sol. Les animaux sont encore de sortie. Une biche s'offre à notre regard quelques secondes, avant qu'un coup de brûleur ne la fasse fuir entre les arbres. Chaque instant de ce voyage est idyllique, fantastique. Nous ne sommes plus dans le réel, mais dans un autre monde : celui de la nature avant l'arrivée des hommes. Notre ballon survole une route et prend de l'altitude pour nous faire découvrir l'étendue de la plaine. Partout autour de notre ballon, s'étale un patchwork de couleurs diverses, de champs et de forêts. La lueur oblique du soleil levant jette à la scène un éclat merveilleux. Nous montons tout doucement jusqu'à 700 mètres de hauteur pour découvrir le monde, tels des dieux accoudés à un balcon magique. Une heure plus tard, la tête pleine d'images superbes, nous regagnons lentement le sol. Mais nous savons déjà, lorsque nous posons le pied à terre, que nous continuerons à flotter encore longtemps. Merci à tous pour ce merveilleux cadeau. Encore plus d'information sur cette expérience de ce baptême de l'air en montgolfière à Lille en cliquant sur le site internet de l'organisateur.

 

montgolfiere 1

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11 avril 2018

Arrestations au Yémen

L’année dernière, les forces Houthis-Saleh, le gouvernement yéménite et les forces yéménites soutenues par les Émirats arabes unis ont recouru à des pratiques de détention arbitraire et illégale. Amnesty International a rassemblé des informations sur quelques cas de civils, à Sanaa et à Marib, qui ont été arrêtés uniquement en vue d’échanges de prisonniers à venir, ce qui revient à une prise d’otages et constitue une violation du droit international humanitaire. À Sanaa et dans d’autres régions qu’ils contrôlaient, les Houthis et leurs alliés ont continué d’arrêter et de placer en détention de manière arbitraire des personnes qui les critiquaient ou qu’ils considéraient comme leurs opposants, ainsi que des journalistes, des particuliers, des défenseurs des droits humains et des membres de la communauté baha’i ; beaucoup ont été soumis à une disparition forcée. À la fin de l’année, cinq hommes baha’is se trouvaient toujours en détention. L’un d’entre eux était détenu depuis près de quatre ans ; il était accusé d’apostasie, et donc passible de la peine de mort aux termes de la législation yéménite. À Aden, les forces yéménites soutenues par les Émirats arabes unis ont mené une campagne de détentions arbitraires et de disparitions forcées. Amnesty International a rassemblé des informations sur 13 cas de détention arbitraire au cours de l’année passée ; certaines de ces personnes étaient détenues au secret et d’autres avaient été soumises à une disparition forcée. Des baha’is ont également été arrêtés de façon arbitraire à l’aéroport international d’Aden par des forces locales soutenues par les Émirats arabes unis, et détenus sans inculpation pendant neuf mois. Mustafa al Mutawakel, professeur d’université et responsable politique, a été arrêté de façon arbitraire à Marib, le 27 avril, par les forces du gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale. Il était maintenu en détention sans inculpation.

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26 février 2018

De nouvelles photos aériennes

Avez-vous pensé à prendre des photos aériennes de votre maison, de votre entreprise ou de votre événement familial? Maintenant, la technologie existe pour rendre cela plus facile, plus sûr et moins cher que jamais. Les caméras numériques peuvent être montées sur des avions électriques télécommandés à vol lent. L'obturateur est déclenché à partir de l'émetteur RC sur le terrain. La photographie aérienne a de nombreux usages intéressants. Plusieurs d'entre elles sont liées à l'immobilier: terrains bruts ou structures améliorées sur le terrain. Les exemples incluent mais ne sont pas limités à: propriétés à vendre, progression de la construction, agriculture / élevage / élevage, publicité, événements spéciaux, cartographie des sites sinistrés et aperçus archéologiques. L'utilisation d'avions radiocommandés pour la photographie aérienne (AP) présente certains avantages par rapport à la photographie aérienne traditionnelle. C'est certainement moins cher que d'utiliser des avions de taille normale. L'avion rc peut voler à basse altitude, ce qui est bon pour éviter la brume et donne des angles uniques sur le sujet. Les avions sont souvent des modèles électriques silencieux et ne perturbent donc pas les occupants de la propriété. Et la séance photo ne nécessite pas un aérodrome à proximité. Les inconvénients comprennent la susceptibilité aux vents forts, et les dangers potentiels des obstacles de basse altitude (par exemple les arbres). Visitez le conseiller RC Airplane pour en savoir plus sur la photographie aérienne rc, y compris l'équipement utilisé et pour voir un exemple de galerie de photos. Davantage d'information est disponible sur le site de l'agence de voyage de ce pilotage avion. Suivez le lien.

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19 février 2018

Les UEMa

Les UEMa sont une modalité particulière d’unité d’enseignement (UE), c’est-à-dire d’implantation au sein d’un établissement médico-social d’une classe, et sur un site scolaire, comme le ministère de l’éducation nationale souhaite le faire désormais systématiquement. L’innovation tient à ce que cette implantation est au sein d’une école maternelle et s’inscrit dans le cadre des divers moyens destinés à des interventions précoces. L’objectif inscrit dans le troisième plan était la création d’une UEMa par département. Il s’est trouvé atteint et même dépassé, puisque certains départements, très peuplés, ont mis en place des UEMa supplémentaires. C’est le cas notamment en Seine-et-Marne, en Seine-SaintDenis et en Gironde. Au total, 111 UEMa ont ainsi été ouvertes. Ces UEMa ont été définis par un cahier des charges national, élaboré en 2014 et révisé en 2016, de façon concertée notamment avec les représentants du Comité de suivi du plan autisme, qui en a précisé les éléments constitutifs essentiels : proposer à des enfants autistes présentant des troubles sévères et n’ayant pas développé de communication verbale, une intervention précoce, globale et structurée ; rechercher une scolarisation en milieu ordinaire avec un pilotage par l’enseignant de l’unité ; veiller à la « guidance » des parents ; mettre en place une formation conjointe de tous les acteurs ; prévoir enfin la supervision des équipes par un organisme extérieur. Chaque UEMa accueille un maximum de sept enfants. L’équipe qui intervient est composée d’un enseignant spécialisé, de professionnels de santé (orthophonistes, psychomotriciens) et de professionnels sociaux (éducateurs spécialisés, des éducateurs de jeunes enfants ou des aides-médico-psychologiques). L’Éducation nationale a attribué 111 postes d’enseignants pour participer au fonctionnement de ce dispositif. Les équipes sont complétées par les travailleurs sociaux qui sont au nombre de deux ou trois par site, selon les dispositifs, qui relèvent d’un établissement existant (ESMS), ainsi en partie implanté dans l’école. Le plan autisme a prévu un budget de 280 000 € par UEMa. Le coût à la place s’élève à 40 000 € par an et par enfant, 45 000 € si l’on y ajoute la rémunération de l’enseignant.

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04 janvier 2018

Marrakech en liberté

Le libre marché est à mon sens une liberté fondamentale au même titre que les autres. Mais force est de constater que, dans notre société industrialisée, on a tendance à l'oublier. Durant un colloque qui s'est déroulé à Marrakech, lundi dernier, j'ai par exemple discuté avec une personne qui soutenait mordicus l'idée selon laquelle le libre marché est à l'origine des problèmes actuels. J'aurais aimé qu'un Chinois soit présent dans cette discussion, car il aurait certainement eu un tout autre point de vue ! Parce que la croissance de la Chine est à l'évidence le fruit du libre-échange. Et à mon sens, pas mal de pays en voie de développement ne bénéficient pas encore assez de libre marché : c'est même ce manque de libre marché qui entretient la pauvreté ! Prenez le temps d'y réfléchir un instant. Un Mexicain ne s'en porterait à l'évidence que mieux, s’il se voyait offrir la possibilité de choisir son opérateur téléphonique au sein du libre marché. De son côté, il est évident qu'un agriculteur d'Afrique serait plus apte à prospérer si l'UE adoptait sincèrement le libre marché, notamment en acceptant de ne plus entretenir à coups de subventions sa propre agriculture ! Un Nigérien aimerait sûrement pouvoir fonder développer sa propre affaire sans être contraint de donner en permanence des dessous-de-table. Et il y a fort à parier qu'un agriculteur congolais rêverait de disposer d'un tracteur, s'il ne devait craindre qu'il ne lui soit repris pour une raison X ou Y. Ces quelques exemples montrent donc que pour la plupart des habitants de ce monde, jouir de plus de libre marché est en fait un fantasme, celui de pouvoir se déplacer en toute liberté et de pouvoir commercer sans interdit quelconque, c'est-à-dire sans dirigeants qui placent leurs propres intérêts économiques et ceux de leurs amis au-dessus de ceux du reste de la population. Comme j'ai pu m'en apercevoir une nouvelle fois pendant ce colloque, ce sont tout particulièrement les habitants des pays riches qui blâment l'idée du libre marché. Pourtant, c'est oublier que les pays européens n'auraient jamais connu un tel essor s'ils n'avaient profité pleinemnet du libre marché ! Le libre marché est donc bien une liberté fondamentale, car c'est elle qui permet de prospérer et d'améliorer sa condition. Retrouvez toutes les infos sur ce séminaire à Marrakech en suivant le lien.

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28 décembre 2017

Le drame afghan et les petits arrangements européens

plusieurs pays européens ont arbitrairement déclaré « sûrs » un certain nombre de secteurs de l’Afghanistan, en misant sur une « option de déplacement à l'intérieur du pays ». En d’autres termes, les pouvoirs publics reconnaissent que la province d’origine de la personne est dangereuse, mais lui demandent d’aller vivre ailleurs dans son pays. Plusieurs pays européens considèrent par exemple que Kaboul est un endroit sûr. Les rapports de la MANUA notent pourtant que la capitale et, dans une moindre mesure, sa province restent la zone la plus meurtrière du pays pour les civils, concentrant 19 % des victimes civiles recensées sur l’ensemble du territoire afghan. Le principe même de l’« option de déplacement à l'intérieur du pays » et à la fois contestable sur le plan juridique et, dans le cas de l’Afghanistan, fallacieux au niveau de son application. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a exprimé de fortes réserves à propos d’un concept qui n’est pas fondé aux termes de la Convention relative au statut des réfugiés. Qui plus est, les rapports de l’ONU et d’autres spécialistes montrent bien que tout le territoire afghan, du nord au sud et d’est en ouest, est touché par les attaques contre les civils et les atteintes à la sécurité. La situation sécuritaire est précaire et les multiples groupes armés opérant dans le pays cherchent à conserver, à prendre ou à reprendre tel ou tel secteur du pays. Aucune « option de déplacement à l'intérieur du pays » n’est honnêtement envisageable. La volonté des pays européens d’expulser des personnes jeunes et vulnérables témoigne bien de leur détermination à renvoyer les Afghans chez eux sans tenir compte de l’insécurité généralisée qui règne sur place. Parmi ces jeunes figurent des enfants non accompagnés, ainsi que de jeunes adultes qui étaient eux-mêmes des mineurs non accompagnés quand ils sont arrivés en Europe. En Afghanistan, les enfants sont exposés aux mêmes dangers que les adultes, ainsi qu’à des risques supplémentaires, dont les autorités européennes sont bien conscientes. Financé par l’UE et géré par l’OIM, le « Programme pour l’Afghanistan du Réseau européen de réintégration » reconnaît la vulnérabilité particulière des enfants non accompagnés renvoyés d’Europe, notant l’absence totale de législation nationale organisant leur prise en charge, ainsi que d’ONG locales ou internationales à même de leur apporter un soutien.

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28 novembre 2017

La Bourgogne en quad

La semaine dernière, en revenant d'une randonnée en quad organisée par des amis, je me suis laissé séduire par une belle inconnue : Saint-Fargeau. Que voulez-vous, je n'ai jamais pu résister aux vieilles pierres. Et en la matière, j'ai été servi avec le château de Saint-Fargeau. Si vous imaginez immédiatement un château à l'allure masculine, je peux vous dire que vous êtes loin de la réalité. Le château de Saint-Fargeau est un château rose, aux allures médiévales, flanqué de six tours massives que l’architecte Le Vau eut l’heureuse idée d’alléger en les surmontant de lanternes ajourées. Voilà comment il apparaît quand on le découvre depuis la route de Toucy. Ce château n'a pas un air féminin par hasard. En effet, Louis XIV exila dans ce château alors délabré sa frondeuse de cousine, la fameuse Grande Mademoiselle. La royale cousine releva le défi et demanda à l’architecte préféré de son roi de donner un air plus aimable à cet étonnant pentagone irrégulier. Et c’est en pénétrant dans la cour d’honneur que l’extraordinaire beauté des lieux se révèle. Les cinq corps de logis forment un ensemble d’une harmonie légère d’où se dégage une gaieté néanmoins majestueuse. Deux façades à hautes fenêtres se rejoignent par un perron aux marches semi-circulaires du plus bel effet. L’histoire et les incendies ont eu presque raison de la forteresse. Mais aujourd’hui, ce qui est restauré, décoré et meublé donne une idée très précise du faste que la Grande Mademoiselle y installa et que les propriétaires suivants perpétuèrent. On peut admirer, entre autres, la magnifique bibliothèque en chêne de Hongrie et les combles, impressionnants par leur ampleur, leur architecture et leur grand âge (400 ans, c'est un âge qui mérite le respect). Si vous visitez un jour le lieu, sachez également qu'à quelques kilomètres de là, un autre roi marqua la région de son empreinte. Il s’agit d’Henri IV qui ordonna la construction d’écluses pour relier le bassin de la Loire à celui de la Seine. À Rogny-les-Sept-Écluses, on peut donc se promener le long du chemin de halage bordé de sapins en suivant les marches d’escalier des sept écluses. Elles ne fonctionnent plus depuis 1887, mais il est difficile de rester indifférent devant l’audace technique de cet ouvrage d’art. Entre randonnée en quad et découverte architecturale, ce fut au final un excellent voyage en Bourgogne. Retrouvez toutes les informations sur cette randonnée en quad en suivant le lien.

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27 novembre 2017

Effets démographiques spécifiques du vieillissement

Les baby-boomers occupent aujourd’hui les âges de 40 à 65 ans. Ces tranches correspondent à la « bosse » que présente la pyramide des âges. Dans les décennies à venir, cette bosse va glisser vers des âges plus avancés. Si on suppose que le taux d’épargne est uniquement fonction de l’âge, et en raisonnant toutes choses égales par ailleurs (même structure de revenu au travers des âges, pas d’effet générationnel sur le taux d’épargne, etc.), il est possible de calculer mécaniquement les impacts sur le taux d’épargne global. Ceux-ci se révèlent relativement modérés : 0,6 point de pourcent de hausse d’ici à 2050. Si on suppose qu’il existe un effet générationnel sur le taux d’épargne (les babyboomers épargnant moins que ne le laisserait attendre un taux d’épargne strictement fonction de l’âge), alors l’effet démographique du vieillissement des baby-boomers entraîne une hausse du taux d’épargne plus forte. Cela s’explique par l’hypothèse de structure de revenu inchangé : le taux d’épargne des retraités s’abaisse avec le temps mais il s’applique sur un revenu plus faible, tandis que le taux d’épargne des plus jeunes, qui s’élève au fur et à mesure que les baby-boomers et leur propension à consommer plus élevée cèdent la place, s’applique aux revenus les plus importants. En supposant par exemple que la génération qui a aujourd’hui entre 40 et 65 ans a un taux d’épargne « anormalement bas » de 2 points, on obtient entre 2013 et 2050 une hausse de 1,2 point du taux d’épargne global au lieu de 0,6 précédemment estimé. Ainsi, un surcroît massif de consommation par les personnes de plus de 60 ans va se produire, mais il ne provient pas d’une baisse du taux d’épargne, même en prenant en compte la dimension générationnelle (et non seulement celle de l’âge) qui souligne les spécificités comportementales des baby-boomers. Le mouvement peut s’amplifier si le revenu de cette génération progresse relativement à celui des générations nouvelles, ce qui semble le cas, sauf à retenir des hypothèses drastiques concernant les retraites. Nos simulations laissent toutefois apparaître un effet d’amplification assez faible.

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