Les baby-boomers occupent aujourd’hui les âges de 40 à 65 ans. Ces tranches correspondent à la « bosse » que présente la pyramide des âges. Dans les décennies à venir, cette bosse va glisser vers des âges plus avancés. Si on suppose que le taux d’épargne est uniquement fonction de l’âge, et en raisonnant toutes choses égales par ailleurs (même structure de revenu au travers des âges, pas d’effet générationnel sur le taux d’épargne, etc.), il est possible de calculer mécaniquement les impacts sur le taux d’épargne global. Ceux-ci se révèlent relativement modérés : 0,6 point de pourcent de hausse d’ici à 2050. Si on suppose qu’il existe un effet générationnel sur le taux d’épargne (les babyboomers épargnant moins que ne le laisserait attendre un taux d’épargne strictement fonction de l’âge), alors l’effet démographique du vieillissement des baby-boomers entraîne une hausse du taux d’épargne plus forte. Cela s’explique par l’hypothèse de structure de revenu inchangé : le taux d’épargne des retraités s’abaisse avec le temps mais il s’applique sur un revenu plus faible, tandis que le taux d’épargne des plus jeunes, qui s’élève au fur et à mesure que les baby-boomers et leur propension à consommer plus élevée cèdent la place, s’applique aux revenus les plus importants. En supposant par exemple que la génération qui a aujourd’hui entre 40 et 65 ans a un taux d’épargne « anormalement bas » de 2 points, on obtient entre 2013 et 2050 une hausse de 1,2 point du taux d’épargne global au lieu de 0,6 précédemment estimé. Ainsi, un surcroît massif de consommation par les personnes de plus de 60 ans va se produire, mais il ne provient pas d’une baisse du taux d’épargne, même en prenant en compte la dimension générationnelle (et non seulement celle de l’âge) qui souligne les spécificités comportementales des baby-boomers. Le mouvement peut s’amplifier si le revenu de cette génération progresse relativement à celui des générations nouvelles, ce qui semble le cas, sauf à retenir des hypothèses drastiques concernant les retraites. Nos simulations laissent toutefois apparaître un effet d’amplification assez faible.