En 2017, 99 cas en rapport avec le contexte milieu scolaire ont été rapportés à SOS homophobie (contre 72 en 2016). 64  % d’entre eux concernent des hommes, 29 % des femmes, et 3 % des personnes trans. Dans 76 % des situations les étudiant·e·s et élèves sont les victimes. Comme les années précédentes, les insultes et les moqueries restent la principale manifestation des LGBTphobies à l’école  : «PD», «tapette», «tarlouze» sont des qualificatifs récurrents. Les menaces, visant filles et garçons, sont bien présentes aussi. Mise à l’écart, humiliations, harcèlement à l’intérieur comme à l’extérieur des établissements et sur les réseaux sociaux complètent ce triste tableau. Plus grave, les agressions physiques dans et en dehors de l’établissement, souvent sans témoins, ne sont pas rares. Il y a enfin des faits qui, même sans agression, sont la marque d’une LGBTphobie ambiante  : affiches contre l’homophobie taguées dans une université, propos homophobes décomplexés entendus dans une autre, distribution de manuels homophobes, anti-genre et anti-IVG dans un établissement privé. Quant aux jeunes trans, c’est la reconnaissance de leur identité qui pose problème (nouveau prénom, identité de genre). Il y a le cas de cette jeune fille qui voudrait savoir si son changement de genre pourrait lui poser problème lors de l’examen du baccalauréat. Malheureusement, selon la législation française actuelle, seul le sexe inscrit sur la carte d’identité a valeur officielle et le changement d’état civil est encore difficile. Les jeunes trans, lors d’un examen, en sont donc réduit·e·s à compter sur la compréhension des surveillant·e·s et des examinateurs·trices (et si possible sur une attestation de leur établissement). Les auteur·e·s d’agressions à caractère homophobe, biphobe ou transphobe sont le plus souvent les autres élèves. Ils opèrent ouvertement dans l’enceinte de l’établissement, ou insidieusement, sur les réseaux sociaux principalement. Plus grave encore  : les agressions sont aussi le fait d’enseignant·e·s. Un cas venu d’une école privée a été signalé, un autre témoignage mentionne des adultes se livrant à des agressions verbales, une assistante d’éducation insulte une élève, un surveillant tient des propos injurieux et LGBTphobes à l’égard de l’appelant, une jeune lesbienne est victime de propos inquisiteurs de la part d’une surveillante d’internat, une professeure aurait dit «Arrête tes manières de PD» (mais cette dernière le conteste), un formateur dans une école spécialisée demande à un stagiaire gay d’éviter de parler «avec [sa] voix de tarlouze». Rappelons-le avec force  : les propos orduriers d’un·e adulte envers des élèves, les insultes et les réflexions LGBTphobes – punies par la loi – constituent une faute professionnelle caractérisée, d’autant plus que le corps enseignant se doit de garantir la sécurité physique et psychologique de ses élèves. Les éléments déclencheurs de tels comportements sont tout d’abord les stéréotypes. Un garçon à l’allure «efféminée», une jeune fille avec une «grosse voix» sont moqué·e·s et insulté·e·s. Pratiquer le patinage artistique pour un garçon peut aussi provoquer des moqueries. Les victimes peuvent également être outées par un·e de leurs ami·e·s. C’est le cas de figure le plus fréquent concernant la lesbophobie. Les coming out véritables sont rares mais réels, comme ce garçon courageux qui veut faire en classe un exposé sur les personnes LGBT. Dernier cas de figure : un élève a été vu embrassant son ami ou ayant des gestes de tendresse envers lui et s’est retrouvé agressé verbalement et physiquement. En 2017, cela ne passait toujours pas à l’école.