L’année dernière, les forces Houthis-Saleh, le gouvernement yéménite et les forces yéménites soutenues par les Émirats arabes unis ont recouru à des pratiques de détention arbitraire et illégale. Amnesty International a rassemblé des informations sur quelques cas de civils, à Sanaa et à Marib, qui ont été arrêtés uniquement en vue d’échanges de prisonniers à venir, ce qui revient à une prise d’otages et constitue une violation du droit international humanitaire. À Sanaa et dans d’autres régions qu’ils contrôlaient, les Houthis et leurs alliés ont continué d’arrêter et de placer en détention de manière arbitraire des personnes qui les critiquaient ou qu’ils considéraient comme leurs opposants, ainsi que des journalistes, des particuliers, des défenseurs des droits humains et des membres de la communauté baha’i ; beaucoup ont été soumis à une disparition forcée. À la fin de l’année, cinq hommes baha’is se trouvaient toujours en détention. L’un d’entre eux était détenu depuis près de quatre ans ; il était accusé d’apostasie, et donc passible de la peine de mort aux termes de la législation yéménite. À Aden, les forces yéménites soutenues par les Émirats arabes unis ont mené une campagne de détentions arbitraires et de disparitions forcées. Amnesty International a rassemblé des informations sur 13 cas de détention arbitraire au cours de l’année passée ; certaines de ces personnes étaient détenues au secret et d’autres avaient été soumises à une disparition forcée. Des baha’is ont également été arrêtés de façon arbitraire à l’aéroport international d’Aden par des forces locales soutenues par les Émirats arabes unis, et détenus sans inculpation pendant neuf mois. Mustafa al Mutawakel, professeur d’université et responsable politique, a été arrêté de façon arbitraire à Marib, le 27 avril, par les forces du gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale. Il était maintenu en détention sans inculpation.